Mercredi 2 février 2005
3
02
/02
/Fév
/2005
00:00
La cérémonie a lieu dans le pavillon du thé (chashitu), une humble maisonnette construite à l'écart, au fond d'un jardin (roji). Les invités, au nombre maximal de 5, auront pris soin de se vêtir en accord avec le type de cérémonie, formelle ou informelle. Ils traversent le jardin jusqu'à la clôture intérieure; près de celle-ci, ils trouveront un banc où ils pourront attendre que leur hôte vienne les accueillir. En signe de bienvenue, le portail est entrouvert, le sentier est propre, débarrassé des feuilles mortes et parfois même arrosé d'eau.

Les préparatifs de la cérémonie terminés, l'hôte vient chercher ses invités à l'entrée du jardin intérieur. Il les accueille d'un simple hochement de tête et les guide vers le pavillon. A un certain moment, il s'arrête près d'une pierre creusée contenant de l'eau fraîche (chôzubachi). Les invités pourront puiser de l'eau à l'aide d'une louche en bambou et se laver les mains et la bouche en signe de purification; chacun effectuera ce rituel, puis rincera la poignée de la cuillère avant de la remettre à l'invité suivant.
La porte d'entrée du pavillon étant très basse, les invités ne peuvent y pénétrer qu'en se courbant, signe d'humilité. Les chaussures sont laissées à l'extérieur. À l'intérieur, la lumière est tamisée, de l'encens brûle, et une bouilloire est déposée sur le feu. Le pavillon est décoré d'un rouleau peint et de quelques fleurs de saison : tout doit donner une impression de simplicité, même si certains bols peuvent valoir cher.

Les invités se dirigent vers le tokonoma (alcôve) pour y admirer le rouleau suspendu (kakemono), le vase de fleurs saisonnières et les ustensiles puis gagnent leur place. L'hôte arrive avec un repas léger, le kaiseki, mais aussi des confiseries (wagashi) et du sake.

L'hôte peut alors débuter la préparation du thé. Il dispose ses ustensiles et il les purifie symboliquement à l'aide d'un tissu de soie (fukusa). Avec l'aide de la louche (hishaku), il prélève de la jarre une quantité d'eau qu'il met dans le bol (chawan), le fouet (chasen) y est rincé et examiné avec soin. L'eau est jetée dans le récipient réservé à cette fin. Ensuite, avec la cuillère neuve en bambou (chashaku) il prend un petite quantité de poudre de thé vert (macha) dans la boîte à thé (chaire) qu'il dépose dans le bol et il y ajoute de l'eau frémissante tirée de la bouilloire (kama). A l'aide du fouet il bat la préparation, y ajoute de l'eau fraîche et bat encore jusqu'à obtention d'une écume vert jade. Le thé préparé ainsi est nommé koicha.

Une fois le thé prêt, le bol est offert avec une salutation à l'invité principal qui le dépose d'abord entre lui et l'invité suivant et s'excuse de boire avant lui, puis il le remet devant lui et remercie l'hôte. De sa main droite, il soutient le bol, le dépose dans la paume de sa main gauche et salue légèrement. Linvité fait alors tourner deux ou trois fois le bol dans le sens des aiguilles dune montre, le boit en quelques gorgées, essuie le bord où il a posé ses lèvres, tourne le bol dans lautre sens et le repose sur le tatami.
L'hôte fait une nouvelle préparation et la sert à l'invité suivant de la même manière.
Quand tous ont bu, il convient d'examiner les objets choisis par lhôte et de le questionner à leur sujet. L'hôte reprend ensuite les ustensiles, les range, ouvre la porte du pavillon et s'incline pour prendre congé. La cérémonie est terminée. Dans les cérémonies formelles, on boit d'abord un thé épais puis un second, cette fois-ci, léger.

Personnellement je trouve cette cérémonie emprunte d'une spiritualité qui déconcerte plus d'un Occidental. Pourtant toute l'organisation de la cérémonie du thé est codifiée par des lois rigides pourque l'hôte et les invités atteignent une plénitude au travers de la décoration épurée mais parfaite, du choix des ustensiles, du thé, des confiseries, et meme des invités. C'est un moment intense de ressources spirituelles dans la plus pure tradition du Zen japonais.