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Ne dégaine pas une épée pour tuer un moustique

Le Vingt-quatrenaire

Vendredi 19 août 2005 5 19 /08 /Août /2005 00:00

J’aimerais comprendre pourquoi personne n’a jamais inventé une équation pour simplifier la vie. J’imaginais que chaque être humain était lié à un destin et que le mien était de rendre heureux l’élu de mon cœur. Arrivé au crépuscule de mes 23ans, je commence à peine à saisir la complexité qui régit les relations humaines.

A l’école on nous apprend les Sciences de la vie. Je connais l’émergence de la vie, son développement, un homme excité et une femme en ovulation et le tour est joué. Mais la vraie école, celle de la Vie, est très compliquée pour nous tous au point que seuls quelques élus en sorte diplômés. Plus on vit plus on en apprend sur notre SOI et ceux qui nous entoure mais chaque pas en avant soulève de nouvelles questions qui attendent à leur tour une réponse et le monde a toujours fonctionné comme ça.

Je suis arrivé sur Caen j’avais 19ans, jeune étudiant très paumé dans sa tête, bien blotti au fond de sa carapace antigens, à l’abri derrière le mur antidouleur. Je n’avais pas eu d’amoureux depuis 3ans et ça ne me manquait pas. Je ne connaissais personne à Caen à part David, meilleur ami depuis le collège. Et là pareil ca ne me manquait pas. A l’écart des gens j’étais protégé des agressions. Et voilà que ce maudit esprit humain décide de réveiller ses vieux instincts. " Allez Jeremy il y a longtemps que tu n’a pas répondu aux questions qui font avancer ". Et la première question est : Sais-tu ouvrir ton cœur à quelqu’un ? Je me mets donc sur le chat mais moi je sortais de ma campagne et à part Caramail je ne connaissais rien. Je me lance sur un salon gay de Caramail et je commence à parler. Cet écran devant moi semblait annuler les barrière que je m’étais imposé. Et là le choc : c’est de CA qu’il faut que je tombe amoureux ? Pourquoi ils veulent coucher avec moi soit disant que c’est le meilleur moyen de rencontrer du monde. Je ne suis pas d’accord mais à coté de ça je parle avec des gens assez sympa. En plus à l’époque je me connectais beaucoup de la fac, la salle info fut une grande source d’amitié. Bref un jour je parle avec un garçon qui me touche, sensible, mignon, il me propose d’aller boire un verre. Terreur, effroi, et si en plus il me demandait de...de...parler avec lui ! Non c’est impensable. Toutefois le cerveau quand il a une idée quelque part il ne l’a pas ailleurs. Il fallait que je réponde à une question précise : " est-ce que quelqu’un peut m’aimer ? ". J’avais déjà eu une belle histoire à 16ans avec un garçon de 23ans mais ce n’est pas pareil je ne pense pas que l’amour était là.

Je me rend au rendez vous ! Il s’appelait Cédric, 23ans, en 2ème année d’AES. A peine je le vois, je me dis que peut être lui est différent. Il était vraiment mignon avec son sourire de petit garçon. On boit notre verre et il me parle et il me pose des questions et je lui répond mais je ne savais même pas où j’étais. Tout était flou autour, il me parlait et je lui répondais mais je ne semblais vraiment pas l’entendre. Après le verre on décide de prolonger la soirée au Macdo et je n’arrêtais pas de fixer ce jeune homme qui en quelques minutes a fait tomber toutes les barrières, murs et carapaces. Il me raccompagne chez moi et me laisse devant la porte, me regarde, me souhaite une bonne nuit et s’en va. Je ne sais même plus combien de temps je suis rester comme ça seul devant ma porte. Ce qui m’a réveillé c’est son sms qu’il m’a envoyé me disant qu’il aurait aimé m’embrasser mais qu’il n’avait pas osé. Et là je me souhaite à moi-même tout sourire : joyeuse St Valentin ! Joli histoire de 14 février non ? Les jours qui ont suivi étaient beau. Tout est beau quand on est amoureux. Au bout de trois semaine il me dit même qu’il m’aime pour....me larguer une semaine plus tard car ce salaud ne voulait pas s’attacher à quelqu’un.

Je vous raconte cette petite anecdote pour vous montrer qu’on cherche toujours à répondre à des questions et quand on a la réponse une avalanche de nouvelles questions vous obsèdent. Elles vous obsèdent tellement que plus rien ne compte pour vous. Il me l’avait dit pourtant qu’il m’aimait, et pourquoi était il ce qu’il était s’il ne voulait pas s’attacher, etc. J’ai eu du mal à remonter la pente, essayant de me remettre avec lui sans succès quand il m’a dit un jour qu’il sortait avec son voisin de palier, l’Italien abruti, l’erreur système est survenue dans mon disque dur. Le trop plein de question peut vous détruire. En deux mois j’ai perdu plus de 15kg, ne me nourrissant plus que de boissons. Et dans les boissons vous me rajouterez une bouteille de gin par jour. Comme un exutoire à la pression de mes questions, je me soulais de 10h du matin jusqu'à ce que je me couche. Je m’étais fait des potes via caramail et on sortait tous les soirs. Seulement je ne me rendais pas compte qu’en effacant mes propres questions artificiellement, les autres s’en posaient à mon sujet.

Ainsi quand son propre cerveau est dans l’incapacité d’assouvir son instinct il envoie des message d’alertes aux personnes proches pour que leur cerveau prenne le relais. Grand sentiment de culpabilité de ne pas travailler à l’évolution de l’espèce et de déléguer son travail à d’autres.

...A suivre.

Par Jeremy - Publié dans : Le Vingt-quatrenaire
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